poèmes...

Publié le par Isabelle Gabay

Beau Nobliaux, le Sieur Inho,

Partit un jour laver atours,

Au lavoir sis ôta habits.

A la laveuse, une belle gueuse

Remit donc braies, la chemise et

Gilet de laine aussi mitaines…

 

Beau nobliaux, le Sieur Inho

Se promena marchant au pas

Au petit pré tout à côté

Bien cours vêtu le petit cul !

Pendant ce temps linge trempant,

La lavandière partit à faire…

 

Lorsque mutine, toujours maline,

Lisa riant prît vêtements,

Court aux abords cacher trésor,

« La Belle époque » cache les froques.

Puis elle revint pour prendre un bain

L’air angélique, ton ironique…

 

« Seigneur Inho ! Vous êtes beau !

Mais plus vêtu seriez mieux vu ! »

Sourire moqueur Lisa sans peur

Com’ une madone elle fanfaronne !

Elle court et danse, riant d’avance

De voir l’ami sans ses habits.

 

Inho rougit lui répondit :

« Je me demande, pour qu’on le pende,

Quel malotru m’a laissé nu ? »

Tout en rageant il vit séant

Un parchemin sur le terrain :

‘’Vous trouverez si vous buvez’’

 

Le gentilhomme, sans qu’on la nomme,

A l’écriture vit la griffure

De l’icelle, la péronnelle

Qui se jouât de son émoi.

Pour ton pardon, prend donc bâton,

Et viens aussi chez la Niki !

 

Comme chacun sait, Lisa parlait

Avec des gestes de chef d’orchestre,

Inho devant héla sergent

La belle scène, presque obscène !

Le riche nu, mimant battu,

Lui demanda « enferme la ! »

 

L’homme de loi s’exécuta,

Le nobliau remit manteau,

Lisa peinée, emprisonnée,

Sur le lavoir tomba le soir…

 

 

Chevaliers,

A vos épées !

Allez chercher

Vos destriers !

Et vous archers,

Que soient bandés,

Vos bras musclés,

La guerre est là !

 

Pour la patrie !

Plus de répit !

Nous sommes partis !

De rage emplis,

Car l’ennemi

Que je maudis

Nous a trahi !

La guerre est là !

 

Vois ces fêlons,

Que de bâtons

Nous menaçons !

Ils supplieront,

Mais nous vengeons

Ceux qu’nous aimons,

Point de pardon !

La guerre est là !

 

Allons soldats !

Tous au combat !

Gardez courage !

Pour ce carnage !

 

 

 

 

Un homme s’avance fier et droit,

Un grand seigneur de par l’apparat.

Derrière lui travaillent dans l’ombre,

Hommes et femmes, un bon nombre.

 

Certains rechignent à l’écouter,

D’autres insultent, poing levé,

Auparavant, ceux qui l’aimaient,

Continuent juste pour ce qu’il est.

 

Le visage grave, il prend parole,

Bien peu de fois il joue ce rôle,

Aux alentours, d’aucuns s’affolent,

Car de sa seule voix il les étiole.

 

Que voyons nous de son mandat ?

Un grand courage, et grande foi.

Pour ne pas plaire aux villageois

D’un duché qui rien ne voit.

 

Un homme repartira, fier et droit,

Un grand seigneur, de par l’apparat,

Derrière lui seront encor ses amis,

Et l’aimeront parce qu’il est lui.

 

 

Toi, mon seigneur, mon ami, mon amant,

Qui pars guerroyer à la levée de ban !

Suivi par les soldats fidèles du duché,

Sur les routes ennemies vous marchez,

Pour montrer à tous la puissance des armées du Lyonnais Dauphiné !

 

Que par tous soit salué votre courage,

De votre force faites partout étalage !

Tous les villageois ici en sont fiers,

Notre armée entre dans la guerre,

Pour montrer à tous la puissance des armées du Lyonnais Dauphiné !

 

Que vos armes s’entrechoquent,

Mais restent entières sous le choc !

Que vos flèches se fichent dans le cœur

Des brutards qui ne font point peur,

Pour montrer à tous la puissance des armées du Lyonnais Dauphiné !

 

 

Mais revenez nous tous en vie,

Nos frères, nos pères, nos maris !

Revenez, quel que soit l’issue,

Nous vous porterons aux nues,

Pour vous montrer la puissance des armées du Lyonnais Dauphiné !

 

Les alliés se battent pour le Roy,

Les alliés se battent pour leur foi.

Tremblez, demain, les alliés seront là !

 

 

 


Bien au dessus de la rivière,

Soudainement le ciel se grise,

Le feuillage chante la brise,

Et une goutte contre la pierre.

 

Au loin, un bruit de tonnerre,

Où il n’y avait que moiteur,

Vient maintenant la fraîcheur,

Et la pluie embrasse la terre.

 

La bruine devient violent orage,

Dans la rivière son eau se mèle,

Brusquement se change en grêle,

Et Dieu contemple son ouvrage.

 

Le ruisseau est à présent torrent,

Une tempête balaie le monde,

La cascade se jette furibonde,

Et le fracas est assourdissant.

 

Mais les nuages se déchirent,

Doucement la pluie s’égare,

La Nature salue son départ,

Et des rayons timides s’étirent.

 

 

 

 

 

Le clapotis de l’eau se fait entendre,

Les animaux se réveillent engourdis,

L’herbe humide d’une douce pluie,

C’est la vie que le soleil engendre.

 

Mais la lumière est bien plus vive,

Et la chaleur déjà se fait sentir,

La matinée semble vouloir fuir,

Toute la nature semble attentive.

 

Puis, soudainement, plus un bruit.

Seuls les criquets chantent encor,

Même le ruisseau alangui s’endort,

Car il est midi, enfin le soleil luit.

 

Les heures passent tout doucement,

Un oiseau se permet un murmure,

Le soir annonce bientôt la fermeture

Le premier jour d’été s’en va lentement.

 

 

Par un frais matin d’hiver,

Un rayon timide du soleil

Un fredonnement d’abeille,

Et le ciel qui s’éclaire…

 

Ne serait ce le Printemps ?

Il se faufile dans les nuages,

Attend son heure, le Sage,

Mais il arrive, tout à son temps…

 

Les premières fleurs éclosent,

Les arbres majestueux verdissent,

Les araignées leur toile tissent,

Et la voilà, la reine Rose…

 

 

 

Pluie, fuie mon chemin !

Reinettes, réveillez vous !

Iris, roses, montrez vous !

N’attendons pas demain…

 

Toujours belle je reviens,

Et fait fi des remous,

Mars jamais ne dissout

Pétales qui sont miens.

 

Saison de l’amour, je renais pour toujours…

 

 

 






 

Publié dans Archives diverses

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