Accueil du public handicapé en ludothèque

Publié le par Ludisabelle

Ce lundi 6 décembre, j'ai effectué la formation "Accueil du public handicapé en ludothèque", organisée par l'ALF (association des ludothèques de France).

 

La formation a été réalisée à Paris, à la mairie du Vème.

 

La formatrice est Séverine Zeraoulia, ludothécaire à la ludothèque "L'arche aux jouets" à Roubais (59)

 

Débutant complètement dans le monde de la ludothèque, j'étais bien sûr la seule à ne pas travailler encore dans ce milieu.

 

J'ai souhaité m'inscrire à cette formation pour plusieurs raisons.

La première étant que je souhaites ouvrir ma propre structure, sans doute sous forme associative. Et dans le cadre d'une création, il me semblait logique d'intégrer dès le départ tous les publics possibles.

Les personnes ayant un handicap doivent donc tout naturellement trouver leur place au sein d'une ludothèque, et je voulais donc avoir déjà une idée de comment les accueillir et quels jeux leur proposer.

 

Une autre raison qui m'a poussée à faire cette formation si tôt dans mon parcours est que dans le cadre de mon association Parta-Jeux, j'ai été contactée par une responsable du MAS d'Ormesson (maison d'accueil spécialisée) qui souhaitait prendre des renseignements sur l'accueil des personnes handicapées au sein de l'asso, afin de faire venir l'une des personnes dont elle s'occupe.

 

Si les lieux de la MRO où se déroulent nos activités sont accessibles puisque publics, j'avoue qu'avant cela je ne m'étais pas vraiment posé la question de quels jeux pouvaient être accessibles.

 

Je suis donc arrivée à la formation en novice, avec une foule de choses à apprendre.

 

Et je 'nai pas été déçue, bien au contraire.

 

La formatrice est donc ludothécaire à l'arche aux jouets, et membre de l'association "les papillons blancs".

Elle travaille chaque jour au contact de ce public et nous a transmis tout au long de cette journée sa passion.

 

Au programme :

 

L'accueil en lui même, l'aménagement du lieu : tables à vérins, tablettes d'ordinateurs à la bonne hauteur, jeux et jouets facilement à portée, bref, pleins de petits trucs auxquels il faut penser pour que déjà le cheminement dans le lieu se fasse de façon non limitative.

 

La communication, aussi : ne pas hésiter à mettre sur la devanture tous les autocollants : oreille barrée, double visage, fauteuil roulant etc... Montrer au public que l'on s'ouvre à eux est déjà une première étape.

 

Séverine a beaucoup insisté tout au long de la journée sur deux points essentiels :

Le premier, gommer les bizareries, gommer les différences pour éviter que le regard de l'autre, des autres, ne puissent peser.

Elle a donné comme exemple un grand gaillard de 12 ans qui jouerait avec une poussette d'enfant de 6ans rose.. En effet, tout le monde trouverait cela plus bizare que si il jouait avec une poussette d'adulte.

Le regard des autres personnes accueillies est primordial si l'on veut accueillir tout le monde "en même temps" et participer à la mixité du jeu, car il est important que tous jouent ensemble dans le même espace.

Plusieurs autres exemples ont été donnés, issus de son expérience.

 

Le deuxième point a été la notion de plaisir à jouer, mais surtout de déplaisir.

Car en effet, si avec un public n'ayant aucun handicap il est relativement facile de savoir si il y a plaisir ou non, il peut être plus difficile de s'en rendre compte avec les personnes déficiantes.

Aussi, elle a nous a parlé de plusieurs façon de se rendre compte du déplaisir qu'un enfant peut montrer. Elle nous a également donné comme matière une grille d'évaluation réalisée avec des éducateurs.

 

La formation contenait bon nombre de bons conseils sur divers sujets ayant traits à l'accueil de ces personnes, la relation avec les référents des MAS, avec les familles, avec les personnes elles mêmes.


Ensuite, toute une partie a été consacrée à chaque handicap.

Un grand chapitre sur les traits autistique, très très intéressant ! J'ai appris énormément de choses sur ce handicap. On ne voit pas beaucoup de choses là dessus quand on ne travaille pas dans ce milieu, aussi l'expérience racontée était très formateur.

Le polyhandicap a également été traité, le handicap mental et les personnes mal voyantes ou mal entendantes.

 

Nous avons aussi regardé plusieurs jouets spécialement conçus pour ce public, ou d'autres que l'on pouvait détourner, transformer. Finalement, il y a un très grand choix, je ne m'attendais pas à tout cela, j'ai été vraiment étonnée de la diveristé et de tout ce qu'on peut faire avec chaque public.


Comment ammener d'un jouet à l'autre, comment faire jouer la personne, le rendre "acteur" de son jeu...

 

Cette formation a encore parlé de bien d'autres choses !

 

Je la conseille à tous ceux que cela intéresse, car vraiment, elle peut aussi s'appliquer dans tous les lieux où l'on accueille ces personnes : centre de loisirs ou de vacances, etc..

 

Vraiment très intéressante, je suis sortie un peu plus assurée qu'en y entrant.

Je suis bien loin de tout connaître, bien sûr, rien ne vaudra l'expérience, et j'espère que durant les stages que je ferais dans diverses ludothèque, je pourrais en apprendre plus encore à ce contact.

 

En tout cas, la formation a répondu à beaucoup de questions que je me posais, et à présent je suis encore plus positive à l'idée d'ouvrir une structure à tous !

 

Renseignements sur la formation :

http://www.alf-ludotheques.org/association/formation-journees.php

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