Brèves d'hyper #1 : Cliente, malade, doit-elle avoir tous les privilèges ?
En écoutant cette cliente, hier, j'ai cru, même si je ne la connais pas, reconnaître une certaine bloggeuse que j'ai vaguement suivie un moment, avant qu'elle ne parte de Hellocoton (enfin je crois qu'elle est partie).
Petit résumé :
Je suis manager commerciale en grande distribution. Un titre ronflant pour dire que je suis chef de rayon, et que j'ai l'immense privilège du coup d'être "de permanence" régulièrement, c'est à dire en gros régler tous les problèmes clients du magasin.
Et ce n'est pas une sinécure. Bref, dans ces moments là, on vérifie les prix qui ne sont parfois les mêmes affichés qu'à la caisse, on court dans tout le magasin pour renseigner des clients qui demandent où est le lait (tournez un peu sur votre droite, ouvrez les yeux. Ben voilà, c'est devant vous !), gérer toutes les demandes et c'est impressionnant comme parfois elles peuvent être loufoques.
Mais alors, hier soir... Justement, j'étais pas mal en arrière caisse (comprenez que je faisais des aller-retour entre les caisses et les rayons, donc je voyais les clients en caisse). Soudain, éclats de voix à une caisse. un jeune caissier, gentil et tout, avait sa caisse bloquée par un client dont la carte bleue ne passait pas. Une carte qui ne passe pas, ce n'est pas bien grave, le client file chercher des espèces. Sauf que le caissier n'a pas pu mettre son ticket en attente.
Comble de l'attente, en plus, ce même client qui bloquait donc la caisse sans vraiment le vouloir avait...10 articles, alors qu'il était à la caisse moins de 8 articles.
Résultat, la cliente derrière s'impatientait. Elle a brandit sa carte d'invalide, disant qu'elle voulait passer là de suite. Sauf que le caissier ne pouvait pas l'encaisser, puisque sa caisse était bloquée, il lui a donc refusé. CHose qu'elle a très très mal pris, car évidement, être malade donne des passe droits. Elle s'est donc sentie obligée de crier à la caisse qu'elle était atteinte, invalide, qu'elle ne pouvait pas rester debout trop longtemps, qu'elle avait un papier du médecin, etc...
Elle a attendu que le client revienne disons allez, trois minutes. Puis elle a payé son article, tout en continuant à râler contre le caissier. Tellement imbuvable que les clients après elle lui ont dit d'arrêter un peu son cirque. L'un d'eux l'a même insulté (bon, ok, lui n'y es pas allé de main morte, mais bon).
Mais cela a continué ! Elle est ensuite allé à la caisse de la responsable des caisse, qui était elle même surbookée avec ses clients, et a fait un scandale pendant au moins 5 minutes ! Sur ce, elle est allée à l'accueil du magasin, a continué son blabla (avec son mari qui la soutenait entièrement). Dans ces cas là, donc, on appelle qui ???
Le cadre de permanence !
En l'occurence, hier, moi. Bon, j'avais déjà assisté à une grande partie du barrouf, puisque j'étais près des caisses, alors une fois arrivée devant la cliente, je l'écoute gentiment et patiement.
En résumé :
- On embauche des incompétents qui ne savent pas faire fonctionner leur caisse (si si madame, c'est tout à fait possible de faire passer un client et de mettre l'autre en attente, il a refusé de ma laisser passer MOI parce que je suis malade, c'est de la persécution !!).
- On embauche des caissiers qui ne savent pas compter jusqu'à 8 (ben oui, le client devant avait plus de 8 articles, c'est intolérable, votre caissier n'aurait jamais dû le prendre à sa caisse, blablabla..)
- C'est inadmissible qu'on laisse les autres clients l'insulter (elle a tellement saôulé les clients que certains lui ont dit des choses pas catholique, et après, notre caissier n'est pas non plus flic, il va pas leur faire un procès pour injures, surtout vu le nombre de noms d'oiseaux et les remarques bien plus désobligeante qu'elle lui a fait !)
- On ne l'écoute pas, on ne la comprend pas, c'est intolérable (quand on pense qu'on n'a pas vraimen pu en placer une, c'est un comble !!) Madame a besoin de s'exprimer... (j'ai failli lui dire d'aller voir un psy mais je me suis retenue quand même)
Enfin, après 30 minutes pleines à râler sur place, j'ai fini par lui demander ce qu'elle attendait vraiment, ce qu'on pouvait faire pour elle. Elle souhaitait que je prenne un rendez-vous avec le directeur pour lui expliquer tout l'histoire (juste pour parler et râler, hein, elle ne voulait rien de plus). Sauf que je ne sui spas habilitée à ça, je lui ai donc recommandé de faire un mot sur nos fameuses fiches "réclamations", qu'elles étaient lues du directeur, de laisser ses coordonnées et qu'on la rappellerais.
Outre le fait qu'elle ne m'a pas crue et a sans doute pensé que j'allais jeter le papier, elle a quand même dit oui, je lui ai alors dit que si je ne pouvais rien faire d'autre pour elle, il valait mieux qu'elle rentre chez elle se reposer, car quand même, si elle ne peut pas attendre en caisse plus de cinq minutes, elle devait être fatiguée à parler debout pendant 1/2 H !
Bon, ok j'avoue, c'était un brin ironique, mais enfin quand même quoi. Si on est fatigué, vraiment, on se repose.
Bref, elle a rajouté sur le papier qu'elle n'aimait pas mon ironie !
Pas grave, moi j'aime déjà pas les clients qui se disent "les rois" et se croient tout permis, y compris insulter les caissiers et les employés des magasins, alors ceux qui sont malades, vous jettent leur maladie au visage en pensant du coup avoir toute la compassion du monde, avoir des passe-droits et surtout celui d'emmerder tout le monde....
Bref, vous avez reconnu quelqu'un dans l'histoire ??
Allez, je n'écrirais pas un deuxième "tribulations d'une caissière", mais c'est vrai que quand même y a parfois des clients gratinés. Vivement que je change de métier ^^