Sylvain et le sapin #3

Publié le par Ludisabelle

la première partie est ici, la suite est ;

 

Pendant ce temps, la journée, les hommes qui habitaient le centre du village, dans de toutes petites maisons, regardaient les autres, envieux. Bientôt, certains commencèrent à déménager, et à se construire une toute nouvelle maison, immense, en coupant des arbres encore et encore.

 

Chaque fois, des enfants continuaient à disparaître…

 

Un couple, qui habitait une maison très jolie, avec un petit garçon qui s’appelait Sylvain, se demanda s’ils n’allaient pas, eux aussi, déménager. Leur fils avait à peine deux ans, et parlait à peine. Par contre, il gambadait joyeusement, et il adorait aller dans la forêt.

La maman, elle, ne voulait pas quitter sa maison. Avant elle, c’était sa mère qui l’avait habité, et avant elle encore sa grand-mère. Cette maison, si petite, lui paraissait tellement belle comme ça.

 

Une nuit, les parents crièrent si fort que le petit Sylvain se réveilla, et, comme il avait peur, il sortit de la maison, pour aller écouter la nuit, dehors.

 

La lune éclairait bien le passage, car elle était ronde. Sylvain partit vers la forêt, et avança, s’enfonçant de plus en plus…Au bout d’un moment, fatigué, il s’assit contre un vieil arbre, et se mit à écouter…Il lui sembla entendre les arbres parler…

Ils parlaient entre eux, et disaient que si les hommes continuaient ainsi, les arbres se vengeraient et prendraient tous les enfants, d’un seul coup. Certains arbres n’étaient pas d’accord. Il fallait donner une chance aux humains. Mais d’autres, les plus près du village, qui avaient peur de bientôt disparaître, étaient si véhéments que la haine de leurs propos faisait peur au petit Sylvain. Il se mit alors à pleurer, très fort.

 

C’est alors que les arbres le virent, accroupi près de l’un d’eux. Des branches le saisirent, l’entourant, et l’arbre à qui elles appartenaient était l’un des plus près du village.

Il dit aux autres ce qu’il voulait faire, et le petit enfant pleurait, encore, encore…


Mais un jeune arbre, un petit sapin, éleva alors la voix.

 

« Qu’on me prenne, qu’on me déracine ou qu’on me coupe, et qu’on m’offre à cet enfant et à sa famille. Si après moi, un autre arbre encore est coupé, vous ferez alors ce que vous voudrez. Mais si, à partir de demain, les hommes ne coupent plus d’arbre, alors, leurs enfants pourront vivre, promettez le moi ! »

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