Formation ALF : Aménagement d’un espace petite enfance, partie 2 :

Publié le par Ludisabelle

Pour continuer mon première article, déjà long, je ne pouvais que faire au moins une deuxième partie, et il y en aura peut être une troisième !


Je me replonge dans cette journée, je relis mes notes, et voilà donc la retranscription de ce que j’en ai compris et retenu. Je précise d’ailleurs que je n’ai pas vocation à refaire le cours ici, et que c’est mon impression personnelle qui en ressortira.

 

Pour aménager un espace petite enfance, il faut déjà bien connaître son public, c'est-à-dire le petit enfant. Pour cela, il faut donc décortiquer un peu son développement physique et psychique. Voici, dans les grandes lignes, ce que j’ai retenu :

 

4 / 5 / 6 mois :

 

Le bébé n’a pas encore conscience de sa propre unité, de son individualité, aussi, le contact avec sa mère ne doit pas être rompu. Il doit rester proche du corps de l’adulte accompagnant. A proscrire donc transat, parc, et autres accessoires de ce type.

Pour la maman, penser à mettre des coussins confortables, pour qu’elle se sente bien.

Pour lui, privilégier toujours l’horizontalité, il faut que le petit puisse explorer le sol, c’est l’âge où il commence à essayer de se retourner, rien ne doit donc l’arrêter dans ses mouvements.

Pour les moments plus calmes, il faut mettre à disposition un coussin nid, qui enveloppera bébé. Ni ses pieds ni ses bras ne doivent pendre, il doit se sentir bien en sécurité.

 

Pour tout ce qui est déco : préférer un éclairage doux, voire mettre des filtres colorés pour tamiser la lumière. L’espace doit être ouvert mais sécurisant pour l’enfant, il doit donc être « petit », comme un cocon, une grande tente…

Les tout petits seront mieux en body, sans vêtement pour entraver leurs mouvements, pas de chaussures (chausson pour les mamans). Aussi, le ludothécaire peut donc inciter une maman à déshabiller un peu son enfant pour que ce dernier se sente plus à l’aise. Il faut bien sûr que la salle soit chauffée !!

 

Les besoins sont donc : des tapis durs et costauds (tapis de gym ?), sur lesquels on posera des tapis découverte. Des poufs et coussins enveloppants.

Des filtres pour la lumière, ou une toile, une tente…

 

J’ai parlé tout à l’heure d’un espace ouvert. Car petit à petit, l’enfant va s’éveiller au monde qui l’entoure, regarder tout autour de lui et de plus en plus loin, pour se rendre compte qu’un peu plus loin, il y a d’autres jeux, qui pourraient peut être l’intéresser !

Aussi, l’espace des tout petits se doit de laisser une ouverture pour l’encourager à aller explorer le reste de la ludothèque de lui-même.

 

Vers  6 / 8 mois :

 

L’enfant commence à mesurer ses prises de risque. Il commence à conquérir chaque position tout seul, ne doit donc pas être maintenu. Il doit expérimenter.

Toutes les dimensions sont donc importantes.

 

On pourra ainsi agrémenter sa ludothèque en accrochant de petits objets à des élastiques, fixés au plafond, accrocher des choses à toucher ou même de petits barreaux aux murs, alterner douceur, mou, dur…

Les enfants adorent les miroirs, et même s’ils mettent entre 18 mois et 2 ans avant de prendre conscience que c’est eux même qu’ils voient, ils jouent avec l’image.

 

Mais attention, si l’enfant peut explorer, il faut mettre des interdits et surtout ne jamais fléchir, il va souvent tenter de les braver. Si un endroit est interdit il ne faut jamais le laisser y aller.

On pourra par exemple délimiter son espace avec des bandes en tissu qui se scratchent, ou des « gaffeur ».

Vers 8 mois, ils commencent à se servir de leurs doigts comme de pinces pour attraper de façon plus précise les objets. On peut alors détourner des objets de « grands » pour les aider dans leur concentration (imagix par exemple) tout en veillant aux petits bouts.

 

C’est maintenant un espace de verticalité que le tout petit commence à explorer, il faut donc peu de choses dans la pièce pour ne pas le gêner dans ses mouvements. Il hésite encore avec son manque d’équilibre, et on pourra lui mettre des plans inclinés pour qu’il apprenne à bouger sur différents plans. De petits escaliers, un toboggan, et c’est déjà un espace motricité qui s’annonce. Les enfants adorent passer « sous » ou « entre » des objets, on peut essayer de favoriser cela dans la manière dont on aménage l’espace.

 

Le petit aime bien se cacher, mais attention, il doit toujours retrouver sa maman (ou son accompagnant) quand il décide de se montrer à nouveau ! On peut avoir une tente par exemple, ou des paravents, des toiles…


Un enfant ne se met pas en danger. Lorsqu’il descend une marche, au début, son pied est dans le vide, il y a donc une prise de risque de risque qui est relativement importante pour lui ! Il faut le protéger mais le laisser décider seul s’il veut continuer ou pas, ne pas trop insister ou l’inciter. Il doit absolument prendre sa décision seul et surtout le faire seul, comme descendre du toboggan la première fois.

Il doit gérer sa prise de risque.

 

Entre 15 et 18 mois environ, et plus grands :

 

On quitte la phase sensori-motrice précédente, et on entre dans le jeu du « faire semblant ».

 

On accède alors à un espace d’imaginaire, dans la classification ESAR cela correspond au jeu symbolique.

Cette phase est primordiale pour la construction de l’enfant.

Durant cette phase, l’adulte doit se mettre en retrait, ne pas interférer ni intervenir dans le jeu de l’enfant, à moins que ce dernier ne l’y invite (boire une tasse de thé par exemple à la demande de l’enfant).

 

C’est justement un moment idéal pour que les mamans puissent parler entre elles, tisser des liens et partager leurs expériences. Aux ludothécaires justement de faire l’amorce avec un sujet passe-partout comme le temps ou autre. Les adultes doivent cependant continuer à garder un œil sur leur enfant. Pour cela, rien de mieux que de mettre les chaises ou coussins face à l’espace de jeux des enfants, contre le mur, pour que le regard soit naturellement tourné vers eux. L’aménagement du coin adulte est tout aussi important que ceux de l’enfant, car un adulte qui n’est pas confortablement installé ne reviendra pas !

 

Au début, chez l’enfant, on voit l’imitation immédiate, puis l’imitation différée, et enfin le faire semblant.

Il commence par imiter des gestes et situations déjà vécues pour ensuite se raconter sa propre histoire, seul ou avec les autres enfants. Ils se fabriquent alors leurs propres règles, et apprennent à jouer ensemble, à se respecter.

 

Chaque enfant a sa propre perception, sa sensibilité. Il se saisit de ses émotions dans le jeu, et cela l’aide à sa compréhension.

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